Une vie

« Le 13 Avril, nous avons été embarqués à cinq heures du matin, pour une nouvelle étape dans cette descente aux enfers qui semblait sans fin. Des autobus nous ont conduits à la gare de Bobigny, où l’on nous a fait monter dans des wagons à bestiaux formant un convoi aussitôt parti vers l’Est. Comme il ne faisait ni trop froid, ni trop chaud, le cauchemar n’a pas tourné au drame, et dans le wagon où nous nous trouvions toutes les trois, personne n’est mort au cours du voyage. Nous étions effroyablement serrés, une soixantaine d’hommes, de femmes, d’enfants, de personnes âgées, mais pas de malades. Tout le monde se poussait pour gagner un peu de place.il fallait se relayer pour s’asseoir ou s’allonger un peu. Il n’y avait pas de soldat au dessus des wagons. La surveillance du convoi était assurée par des SS dans chaque gare où il s’arrêtait. Ils longeaient alors les wagons pour prévenir que, si quelqu’un tentait de s’évadait, tous les occupants du wagon seraient fusillés. Notre soumisssion donne la mesure de notre ignorance. Si nous avions pu imaginer ce qui nous attendait, nous aurions supplié les jeunes de prendre tous les risques pour sauter du train. Tout était préférable à ce que nous allions subir »

Une vie. 

  Simone  Veil.

8 réflexions sur “Une vie

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