RER and Some things

Une petite nouvelle que je partage avec vous. c ‘est décidément un format que j’affectionne.

Je vous souhaite une bonne lecture et une très belle semaine!

 

Allez dire à une maman qu’elle devrait se mettre au sport : N’en fait-elle pas suffisamment au quotidien ? En tout cas, moi, je suis devenue une sportive de haut niveau, le niveau d’Usain Bolt ou même des sœurs Williams. Ça me fait rire quand j’écris ça. Mais je vous assure que c’est vrai !

Le matin, c’est réveil à 5 h. Je me mets en mode automatique ON. Je file droit vers la machine à laver que j’ai eu le temps de mettre en marche la veille, juste avant d’aller me coucher. Puis, j’étends mon linge. J’actionne ensuite la mise en route  du  lave-vaisselle si par hasard on aurait oublié de le faire la veille. Mais si les assiettes sont propres, je sors la vaisselle et je la range. Je sors le lait, les bibis et les pose bien en évidence sur la table de la cuisine afin de faciliter le travail à Chéri, parce que c’est lui qui est chargé de faire les petits déj, d’habiller puis d’emmener les enfants à l’école et c’est moi qui vais les récupérer le soir.

Ensuite, je monte prendre ma douche en faisant le moins de bruit possible, parce que si je réveille ma  benjamine à 5 h 30 du matin, c’est toute la maison qui est debout et ce n’est pas bon pour le moral de mon petit homme et je vais vous dire la vérité, même pour le moral du grand.

À 5 h 50, je cours attraper mon bus. J’ai la chance de le voir arriver de ma fenêtre. Je m’élance, en me promettant que le lendemain, j’attendrai le bus bien assise à l’arrêt, cinq bonnes minutes avant qu’il n’arrive. Promesse jusqu’à présent jamais tenue, faute à ce temps qui a l’air de courir plus rapidement chez moi que chez les autres ; d’ailleurs, c’est  dans le bus que je termine mes finitions,  je sors mon miroir vite fait et  je me mets un peu de rouge à lèvres, histoire de me dire que je ne suis pas que maman, mais une femme avant tout… m’appliquer du rouge me détend. À ce moment-là, je me dis que j’excelle dans l’art de prendre du temps pour moi.

Le bus termine son long trajet et arrive à la gare 1 à 2 minutes avant le passage du RER. À l’approche de la gare, mes doigts serrent instinctivement mon passe-navigo, une manière de me rassurer et de m’apprêter mentalement à piquer un sprint jusqu’au RER. Ce que je fais, je cours encore une fois.

rer blog

J’entre ce jour-là dans le train essoufflée et je m’écroule sur une place vide. Celle qui est juste à côté de l’allée centrale. Je n’ai pas la fenêtre.

Le train est à moitié plein. Les sièges à côté du mien sont occupés. Il y a des personnes qui dorment, je me demande même s’ils n’ont pas travaillé la nuit ou s’ils sont juste abattus, épuisés avant d’entamer leur journée de travail. Ce qui est un peu mon cas, mais chut ! je préfère le cacher à mon cerveau. J’entends distinctement un groupe de femmes assises  à l’avant. Elles sont extrêmement bruyantes. Il y en a une qui bavarde comme si elle se trouvait dans un bar ou alors chez des amis. Et surtout comme si on était en plein milieu de la journée. Il est quand même 6 h du mat, bon sang ! Elle parle de piscine : « je te jure ! s’exclame-t-elle. Coralie  n’a pas voulu entrer dans le bassin, elle qui d’habitude adore se baigner ! » Information de la plus haute importance qui tient ses interlocutrices en haleine…. Elle continue : « J’ai dû entrer dans l’eau avec elle et avec les autres élèves de sa classe. » Ses interlocutrices se montrent étonnées et semblent lui répondre « Non, tu n’as pas fait ça ? ». Et elle en rajoute : « J’ai du appeler le boulot et j’ai posé ma journée du coup » Histoire tellement dramatique à 6 heures du mat. Il y en a une qui glousse, une autre surenchérit en racontant sa propre expérience. Elle se serait retrouvée à conduire le bus qui devait mener des élèves dont sa fille à une sortie scolaire. Le chauffeur ayant eu un malaise, c’est finalement elle qui s’y est collée.

La mytho! j’ai pensé.

Et puis, Je suis exaspérée, car j’aurai préféré être au calme à défaut d’être dans mon lit !
Mes yeux continuent leur exploration.

J’observe ces passagers qui fixent un point le regard vide, les écouteurs scotchés à leurs oreilles, d’autres qui tapotent leurs téléphones, d’autres qui révisent leurs cours. Finalement, le RER est bien le lieu où l’on ne s’ennuie pas.

Puis il y a cette jeune femme assise en face de moi qui n’a pas répondu à mon bonjour lorsque j’ai pris place en face d’elle. En même temps, on ne se dit pas forcément bonjour ici… finalement, je l’imite. Je me plonge dans un bouquin et je tente de faire abstraction des dames de l’avant qui soit dit en passant parlent à l’instant de recettes de cuisine, la dame qui était devenue chauffeur de bus le temps d’une sortie scolaire, raconte maintenant comment elle s’est retrouvée à remplacer le chef dans une cuisine d’un restaurant étoilé

Passons.

Nous arrivons à Montgeron-Crosne. Le monsieur à côté de la dame en face est manifestement arrivé à son arrêt, Il se lève et souhaite accéder à l’allée centrale pour rejoindre la sortie. La dame en face, sa voisine donc,  ne bouge pas d’un poil. Ses yeux restent ostensiblement rivés sur son bouquin. Elle est tellement hermétique à ce qui se passe à l’extérieur que le monsieur bloqué entre la fenêtre et la dame est obligé de faire de belles acrobaties pour rejoindre le couloir, d’ailleurs je suis obligée de me lever pour le laisser passer. La dame ne s’excuse pas, ne le regarde pas plus. Son livre reste l’objet de toute son attention.

Mais que lit-elle de si passionnant ? je me le demande.

Les arrêts défilent tout doucement. Je jette de temps en temps, un coup d’œil sur ma voisine d’en face dont l’immobilité me fascine. Même son livre a l’air figé.

Nous arrivons enfin à la Gare de Lyon, dernier-arrêt-tout-le-monde-descend. Les dormeurs se réveillent, les bavards se taisent, les portables se rangent, les livres se referment et tous se pressent vers la sortie. Tous, sauf la mystérieuse dame dont la tête reste baissée. Je sens qu’il y a quelque chose d’anormal. Elle a gardé la même posture pendant tout le trajet.

Que faire ? Dois-je sortir attraper ma correspondance, ou attendre ? Je décide d’attendre. Je me retrouve presque seule avec ma voisine.

– Madame !

Je l’appelle hésitante. Aucune réponse.

– Madame, ça va ?

Je la touche….

Peut-être n’aurai-je pas du… La dame tente de lever la tête qui semble bien lui peser une tonne. Elle s’écroule devant moi de tout son long et laisse tomber son livre. Un passager qui avait assisté à la scène court aussitôt chercher un agent de la RATP. Moi, je reste à côté d’elle, je lui prends la main,  lui parle mais sans obtenir de réaction de sa part…

Mais  la dame respire. On a même l’impression qu’elle dort paisiblement. Des agents de la RATP arrivent et la prennent en charge. Je suis ramenée à la réalité à ce moment-là. Mon mode automatique se remet sur ON. Je  pense à ma correspondance, la A. Je dois impérativement arriver au boulot à 7 h 30 pour pouvoir repartir à 16, alors je me dirige vers la sortie du wagon. je descends les quelques marches  lorsque je suis stoppée par une voix . C’est un des agents de la RATP

– C’est à vous, madame ?

– Pardon ?

– Ça, c’est à vous ?

En fait, je reconnais tout de suite le livre que la dame lisait, à sa couverture.

– Non, je réponds.

Je jette quand même un coup d’œil sur le titre par curiosité et je lis avant de m’élancer vers les escalators :

« La puissance de l’hypnose »

Un titre pas tout à fait banal !

 

 

8 réflexions sur “RER and Some things

  1. Coucou Venessa. J’ai beaucoup aimé ta nouvelle. Ça me rappelle un peu ma propre vie. Toujours un sprint et même si je n’ai pas d’enfant ni de compagnon. La vie est une course perpétuelle. C’est pourquoi lorsque j’écris ; enfin je peux m’évader.
    L’histoire de cette jeune femme dans le RER n’était vraiment pas ordinaire. On voit que tu t’intéresses à ton prochain. Tes yeux regardent vraiment. La plupart des gens ne regardent plus rien….
    Gros bisous ma chère Venessa !!!

    Aimé par 1 personne

    • Coucou Cécile. c’est vrai que j’aime observer. ca enrichi mon imaginaire; je me dis toujours que derrière un regard, se cache une belle histoire . Oui la vie est une course perpetuelle. Et effectivement l’écriture est un bon moyen de décompresser. gros bisous Cécile.

      Aimé par 1 personne

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